Le Mot de M. Denis GAILLARD
Conseiller de coopération et d'action culturelle
Ambassade de France au Liban
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Excellences,
Monseigneur,
Mesdames et Messieurs,
Chers amis,
Laissez-moi tout d’abord vous dire tout le plaisir que j’éprouve à me trouver aujourd’hui parmi vous dans cette région de Jounieh, au cœur même du Liban, dans ce tout nouveau lieu de référence qu’est le Centre maronite de documentation et de recherche, où nous sommes rassemblés pour rendre un hommage chaleureux à son Directeur général, Monseigneur Camille Zaidan, qui n’a cessé tout au long de sa carrière de consacrer tous ses efforts à la promotion et au soutien de l’enseignement de la langue française au Liban, notamment au sein du réseau des écoles privées catholiques au Liban.
Monseigneur, et même si votre brillante carrière est bien présente dans tous les esprits des personnes rassemblées ici autour de vous, permettez-moi d’en rappeler néanmoins quelques étapes marquantes :
Après de brillantes études de philosophie et de théologie à l’Université St Joseph, vous avez débuté votre carrière d’enseignant en 1971 en étant tout d’abord professeur de traduction au Collège Saint Maron de Ghazir mais aussi professeur à la Faculté de philosophie à l’USJ dont vous veniez de sortir.
Mais votre exigence intellectuelle et votre esprit de curiosité allaient vous conduire, au terme de cette première étape libanaise de votre parcours, à vous envoler vers les Etats-Unis où vous séjournerez de 1974 à 1980 et où vous décrocherez à l’Université catholique de Washington un double doctorat de philosophie du langage et de sciences théologiques.
A votre retour au Liban en 1980, vous prenez tout d’abord la Direction de l’Ecole Saint Joseph de Cornet Chehwane, dans le Metn, tout en étant professeur de linguistique et d’herméneutique à l’USEK.
Mais vos éminentes qualités de pédagogue et d’organisateur allaient très vite être mises à contribution, et de la manière la plus prestigieuse qui soit, puisque vous devenez en 1993 Secrétaire général des Ecoles catholiques au Liban. Permettez-moi à ce moment de vous ici dire la profonde admiration que nous ressentons pour le formidable travail accompli par ce réseau pédagogique d’excellence, à qui la francophonie doit tant, et qui a su perpétuer de génération en génération, de manière toujours renouvelée, avec la même foi et le même enthousiasme, ce lien exceptionnel qui unit la France et Liban.
En 1997, nouvelle étape de votre parcours, vous devenez Vicaire général du Diocèse Maronite d’Antélias, ce qui ne vous empêche pas du reste de jouer un rôle particulièrement actif dans différentes Commissions où votre contribution est particulièrement appréciée qu’il s’agisse du Conseil de développement des nouveaux programmes ou encore de la Commission nationale de l’UNESCO.
Dépassant le cercle de l’enseignement catholique, et allant au-devant des partenaires pédagogiques issus des autres confessions, vous avez également été l’un des membres fondateurs du Rassemblement des Institutions privées au Liban, instance particulièrement originale permettant de mêler toutes les composantes notamment religieuses du Liban et de réfléchir ensemble à l’élaboration d’une stratégie commune pour la consolidation de l’enseignement en langue française.
En 2002, un hommage particulièrement éclatant est rendu à votre talent à Brasilia puisque vous y devenez le premier Libanais, et même le premier ressortissant du Moyen-Orient et d’Afrique du nord, à être élu Président de l’Office international des Ecoles catholiques, qui rassemble aujourd’hui une centaine de pays des 5 continents. Juste retour des choses d’une certaine façon, puisque le Liban avait été en 1952 l’un de ses membres fondateurs.
Monseigneur,
Comme vous le savez, l’Ordre des Palmes académiques dont vous allez devenir Chevalier, et dont nous allons d’ailleurs fêter cette année le bicentenaire, a pour vocation d’honorer les membres de la communauté éducative, français ou étrangers, ayant contribué activement à l'expansion de la culture française dans le monde : vous étiez donc tout naturellement désigné pour ce choix.
Cette décoration que je vais vous remettre tout à l’heure, elle se veut à la fois un hommage à votre grande rigueur professionnelle mais surtout un remerciement sincère et profond pour votre action inlassable au service de l’enseignement en français. C’est pourquoi je me réjouis que cette cérémonie puisse avoir lieu au mois de mars, traditionnellement dédié à travers le monde à la francophonie.
L’un de vos principaux objectifs tout au long de votre carrière de responsable éducatif, a été de faire des établissements dont vous aviez la charge les foyers actifs d’une francophonie forte et vivante, fière de son passé, mais aussi tournée vers l’avenir.
Monseigneur Zaidan, voir aujourd’hui autour de vous tous vos amis et tous vos collègues réunis ici à l’occasion de cette remise de décoration, doit vous procurer une grande joie : sachez qu’elle est aussi la nôtre, et permettez-moi de me faire ici leur interprète pour vous dire notre profonde admiration et notre infini remerciement pour l’immense travail que vous avez accompli et que vous continuez à accomplir jour après jour.
Je tiens pour ma part, au nom de la France, à vous remercier chaleureusement pour le dynamisme que vous avez mis au service du renforcement de l’amitié entre le Liban et la France. Au travers des moments troublés que nous vivons, il est important de savoir que nous pouvons compter sur cette complicité étroite entre nos deux cultures, qui ne s’est jamais démentie.
Merci à vous d’avoir su élever vos élèves dans le respect de cette amitié entre nos deux peuples, dans l’amour de notre langue et de notre culture, et dans les valeurs de curiosité et de respect de l’autre dont elles sont nourries.
Merci aussi enfin d’avoir, par votre enseignement généreux et exigeant, contribué à former de nouvelles générations de jeunes citoyens libanais qui veulent croire à l’avenir et à la possibilité d’un Liban indépendant et réconcilié avec lui-même. Un Liban enfin en paix.
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